Invocation à Lilith

Invocation à Lilith
Elle apparaît et disparaît...Quand on croit la saisir, déjà elle n'est plus...Est elle d'ailleurs ? Es-ce ainsi Lilith que tu me conduis?Là où tu veux, j'irais!Ainsi Lilith attire en elle les hommes perdus...Comme un trou noir absorbe la lumière, Lilith, là où tu veux, là où tu voudras appelles...Je suis là!
Ô Lilith, Ô cruelle ! Prends ma vie...Bois mes larmes et mon sang, mais chauffe toi de mes baisers. Je suis à toi Lilith ! Puisque c'est toi qui m'appelle et me choisit...

Elle avait repris son air de petite fille butée...Je soupirais...J'aurais voulu comme une mère qu'elle me prenne dans ses bras...susurrant des mots doux. J'aurais voulu mais jamais je ne vis que « Ces choses là »aient été suivies d'une once de réalité.
Elle n'y voit goutte ... Même le doute le plus abstrait ne l'effleura jamais qu'elle puisse aimer un jour un homme qui l'aimait...C'est pourquoi définitivement solitaire, j'invoquais la mort...Vivement oui!s'il te plaît...Lilith déjà m'avait tourné le dos, éclipsée dans un rêve. Pour elle, j'aurais voulu m'élancer dans le clair espace du matin, avec des chevaux blancs ! La marier toute nue et lui faire une fille...Nous aurions vécu heureux dans la chaumière.
C'était pas ça...J'étais quelqu'un qui traversait son existence...Un passage, une tranche de vie... Un homme ver planté dans son hameçon, qu'elle regardait s'émouvoir en souriant...rien de plus.
Quelle désolation alors, dans le Pays Bleu!...Comme je te hais, pour tant d'espérance anéantie...Comme je te veux...
Szeged 28/9/95
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# Posté le dimanche 11 juin 2006 16:52

LA MALADIE

Tu te rends compte de ce que tu dis ? De l'effet que ça me fait ? Tu te rends compte de ce que tu fais ? De ce que « ça »veut dire ? Je ne t'ai jamais vu un geste, un regard, un élan pour ton prochain. Sauf, bien sûr, des sourires aux messieurs ! Alors là, tu rayonnes ? Tu rougis...comme un soleil avec des tresses de petites filles...Tu caches bien ton jeu ! Tu n'es pas hypocrite ? Tu es l'hypocrisie ! Tu es également la froideur et beaucoup d'autres choses...pour ceux qui t'aiment !...

Aujourd'hui fut pénible ! Même la pluie était maussade...J'ai quand même eu un moment paisible...Après avoir mangé dans une « Menza »où les universitaires vont se rassasier. J'ai été faire un tour avec Attilà...Il cherchait Judith ! Je me sentais presque bien ! Ca me surprend ? J'étais bien dans ton ventre...C'est alors que j'étais bien.

Attilá s'est beaucoup dépensé au téléphone afin de me trouver un logement. Je veux louer quelque chose pour un mois. Vide ou meublé qu'importe, pourvu que ce soit à Buda et que j'y sois chez moi !
Bientôt, mon état dépressif va se voir... Il se voit déjà ! On me regarde avec discrétion, certes, mais j'ai l'½il...On me regarde ! Qu'est-ce que j'ai ? Maintenant, j'enlève mon bonnet quand je vais quelque part. Quand j'entre dans un « bolt », je le glisse dans ma poche. Non, ce n'est pas le bonnet ? C'est l'accoutrement ! Mais il faut que je m'habille, tout de même ! Pourtant, j'essaie de faire simple. Je me vêts avec goût mais pratique ? Avec des sapes normales achetées en magasin ? Une paire de « pompes »pour la pluie qui m'ont coûtées assez chère, mais qui sont efficace ? Un jeans, une ceinture avec une poche en cuir accroché dessus pour y mettre mes papiers ? Une espèce de pull vert qui me fait l'effet d'une mousse avec un capuchon ? Un blouson sans manche, matelassé à l'intérieur ? Rien d'extraordinaire ? A peine un peu « dégaine », sans plus ?

Même les filles se laissent prendre à me regarder ? C'est un comble ! Qu'est-ce qu'il y a ? Le regard des filles, j'en parlerai un autre jour, mais en gros, les filles, « ça »ne me regarde pas ... Ou alors courtement ! En passant, vite fait !...Sinon « on » dit qu'elles allument ? C'est l'éducation ...Les hommes par contre, « ça » regarde ! Surtout moi, je regarde...

A mon avis, c'est à cause de ma tronche !...L'allure générale...l'aura...c'est ça ! J'ai une aura particulière et des yeux de serpents...Encore une chose que je te dois... Je suis un SERPENT !
L'autre soir, au Café du Pardon, je t'ai demandé à brûle pourpoint :
« Qu'est-ce que tu penses ? Vite, vite, dis le ! »
-Je pense à un serpent ! » Bien articulé comme réponse ?...
Tu te rends compte de ce que tu dis ! De l'effet que ça me fait ? Maintenant, je marche avec mes yeux de serpents...Je les plisses un peu. Je fais des mouvements ondulatoires en me déplaçant, je rampe sur les chemins... je cherche du venin dans le café noir !...

Tout à l'heure, pourtant, je transpirais ! Je courrais après le bus...Je voulais pas traîner ! Il fallait que je trouve un logement pour la nuit. J'étais bien en peine...mais j'ai pris sur moi ! Qu'est-ce qui va me rester, si toujours je prends sur moi ? Je vais maigrir encore ? Savez-vous qu'il est dur de grossir ? Moi, je « bouffe »à m'éclater la panse ! Mais je pense, donc je maigris !

J'étais en sueur près « d'Arpad hid », un des ponts de Budapest. Le vent soufflait glacial comme un avertissement !... « Hou, hou ! Hou ! HOU ! »Je l'ai pris sur le front et j'ai mal à la tête...très mal ! C'est l'hiver qui s'approche...Je le crains !...Il m'a dit : « Petit... t'es encore vivant ...Mais faut voir à pas trop s'attarder... penser à faire tes valises ?...Tu fais pas le poids ... Ici, c'est froid ! Tu vois ? »

C'était dit ! Je faisais pas le poids ?...Pas pour elle...Elle, elle est forte, pas moi ! C'est ça le malheur avec les femmes. Elles sont fortes ! Elles ont même réussi à se faire passer pour le sexe faible ? Très fort ! Non ?...
Le bleu vire au gris...en Hongrie ... L'hiver menace au moyen du vent... Mais moi, je l'emmerde ! J'ai encore assez de fric pour rester un mois et c'est pas octobre qui va me faire peur !...Ce qui me fait peur ? C'est « l'état »où j'étais il y a quelques temps quand j'ai appris que tu étais sortie...Par ce froid...Tu sors ? Salope ! Dégueulasse ! Fille de rien !...Sortir par ce froid ! Traînée ! Putain !

Moi je reste là. J'écoute...J'écoute « la maladie »qui est dans ma tête et qui me parle...C'est comme le livre qui coule en moi, écrit à l'encre bleue. Je suis devenu le livre et quand je parle, c'est comme le livre...Tout comme le livre parle de moi...J'écoutes mon c½ur qui cogne à tout rompre dans la nuit...Et j'ai pas si confiance...Est-ce qu'il tiendra ?
Je dis « Vivement la mort » mais faut pas croire ! Je souffre, mais je veux vivre ! Et vivement ! Mais «la maladie », c'est pas que dans la tête, Mademoiselle ! C'est aussi dans le foie ! Et c'est quoi, le foie ?Ce sont des sueurs,des vertiges,des sifflements dans les oreilles, parfois...C'est la poitrine dans un étau, les intestins noués...des ganglions sous les bras et des dents qui n'existent plus...C'est surtout d'être rejeté et d'avoir du mal à bander...
Parfois je demande : « Même si tu m'aimais ? Serait-il possible de vivre ensemble ? »
Mais il y a toi !...Mon amour étrange...Qui me rend plus fort...
Buda 29/9/95
LA MALADIE
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# Posté le lundi 12 juin 2006 09:02

LE LIVRE BLEU

LE LIVRE BLEU
Heureusement il y'a le livre...Le livre bleu avant le nuit. J'y mets de l'encre, du tabac, des cendres...et l'écriture avance en tremblant...C'est chaud...ça soulage un livre quand on l'écrit.

Peut-on prescrire à un patient d'écrire un livre ? C'était l'idée de mon docteur...il disait :

« Tu habites une ville au bord de mer, dont tout le monde rêve...tu y es né...tu pourrais écrire?... »

Alors j'écris un livre sur Budapest...Le livre bleu avant la nuit. C'est comme un fleuve...le Duna, qui serpente à Budapest.
Ce n'est pas de la lecture pour une mère, non ! Ce sont des mots écrits au couteau, pour faire mal ! Parce que j'ai le mal en moi.
Un livre écrit avec ma sueur, mes larmes...pour qu'on s'y noie.

Au bord de ce gouffre insondable, je crains de m'y jeter. Il ne me sert à rien de prendre la fuite, je veux rester là, près d'elle. Mais j'ai peur de faire quelque chose qui ne soit pas moi. La violer ?...Des fois je ne vois pas d'autres moyens ? J'en rigole...rigole dans le caniveau, comme un arc en ciel fait avec de l'essence...Aie-je perdu les sens ?

Pour l'avoir connu, je l'aimais bien le mal-aimé. Peut-être que ça ne valait pas le coup on disait, mais c'était beau ce qu'il faisait. Justement parce que c'était inutile, je sais...Même, et surtout pour l'inutile, il faut payer...

Le plan de Budapest est affiché sur le mur. J'y plonge mentalement...Toi, quand tu liras, ne fait pas de longs commentaires...mais dis moi simplement « S'il te plaît » ?
S'il te plaît...c'était comme une prière quand tu me le disais.
Dans ta bouche tu voulais que je m'abandonne...Comment refuser ? Imagine le talent que tu as...Tu voudrais que j'y renonce ? Une fille de dix huit ans me suppliait ? Une fille pas méchante, juste gourmande de crème chantilly et de gâteau à la cerise...Qui me disait merci...

Une petite un peu veule, comme les lions...qui se baissait soudain pour ramasser un paquet de biscuits, abandonné sur la route...Et quoi ? J'ai bien essayé de me sortir de l'illusion...S'il te plaît n'oublies pas...NE L'OUBLIES PAS !
Buda 30/9/95
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# Posté le lundi 12 juin 2006 09:19

UNE JOURNEE EXTRAORDINAIRE

UNE JOURNEE EXTRAORDINAIRE
Gloire à Jupiter, mon puissant père, et louanges à Dieu !...Quel beau dimanche !...Mon c½ur est rempli d'une allégresse tranquille...Pourquoi et comment ? Je vais vous le conter, dès lors que Mercure est mon allié. Car j'adresse un message aux dieux ! Je me suis fait violence...Et j'ai vaincu !

Ce matin, donc, dimanche, j'avais à c½ur de voir l'Aimée. Nous avions rendez-vous ce soir à vingt heures. Elle, Judith et moi. Mais ça ne pouvait pas attendre ! Je voulais la voir seule ! Lui montrer les photos...et lui offrir la sorcière de chiffons montée sur un balai ! Je l'avais achetée pour elle, sur les rives du « Duna ».C'était symbolique, évidemment ! Je n'ai pas choisi un cadeau pour l'Aimée au hasard ! J'y ai apporté tous mes soins !...

On peut dire que l'Aimée était une sorcière, si l'on veut...Mais c'était surtout une enfant. Et c'est là, la force de l'âge ! On a de l'expérience, on s'en laisse moins conter par la vie et par les dieux, et aussi, sans doute, on est plus patient. Puis l'on commence à reconnaître...qu'il faut être fort !

Je téléphonais à dix heures chez ses grands-parents. La famille de l'Aimée habite la porte à côté...Mais la grand-mère me dit qu'elle était partie au temple et qu'elle reviendrait à midi. Au temple mais pas à la messe, car ils sont protestants...Nuance !...Les catholiques, eux vont à la messe. Ils se confessent...brûlent quelques cierges, adorent quelques statues, prennent l'hostie, et c'est tout bon ! La vie peut reprendre son cours, on a donné l'absolution...Et tout va ! Ils en ont des sacrements et de la pompe, les catholiques ?...Ca rassure les fidèles !...

J'y suis allé à l'Eglise en Hongrie. Je peux vous le dire ! Ça chauffe ! Certains sont à genoux sur le sol ! L'église est toujours pleine le dimanche ! Et c'est du sérieux, du sincère, que c'en est beau à voir !
Les protestants, par contre, c'est plus vicieux !...Regardez...Vous verrez des gens sectaires qui prétendent connaître la Bible ? A mourir de rire !
Ce ne sont pas des buveurs impénitents, non !Des baiseurs ?encore moins ! Rares sont les jours où ils se « tapent la cloche » en rotant, par excès de nourriture et de bon vin !...Rares et inexistants !

Un protestant, c'est sec comme un hareng saur ! Ça ne rigole pas ! D'ailleurs c'est écrit dans la Bible « qu'il faut pas rire » ! A mourir, vous dis-je ! Du sexe ? Pas question d'en parler ! C'est à peine utile « pour faire des enfants » ? Presque il s'excuse quand il prend son plaisir, un protestant ! Et sa femme proteste ! Le sexe, c'est l'ennemi...le diable en personne ! Et à part ça ? Rien ! C'est le silence !...Et puisqu'on se tait, on refoule !...T'as déjà vu la culpabilité sur la gueule d'un protestant ? Ça pue ! Ça dégage une odeur de purée de pomme de terre qu'aurait viré au vert !

Peu importe...elle était au temple pour prier Dieu,se considérant elle-même comme une pécheresse...Surtout après être passée entre mes mains qui ne refusaient aucune caresse à son corps si blanc...C'était une pécheresse...Et elle avait pêché avec un ver diaboluisant...Moi !!!C'est pour ça que je hais les protestants. Pour toutes ces idées qu'ils lui ont mises dans la tête ! L'idée que l'on peut gagner Dieu par le mérite ? Mais Dieu ne se gagne pas ! Il se donne ! Il est ! Passons...Revenons à l'Aimée ... Tout ça, c'était pour expliquer pourquoi elle est malade et d'où ça vient !...Tout comme moi, d'ailleurs, qui suis d'une famille catholique !

Ainsi je l'attendais dans un bar, pas très loin de chez elle...Après lui avoir téléphoné. Le prétexte était que je voulais lui donner quelque chose, mais sans préciser quoi !...Elle avait peu de temps, mais voulait bien venir. J'ai dit : « parfait ! ».Quand elle fut là, nous allâmes sous la voûte d'une église, un peu à l'abri du vent...Elle se méfiait ?...Ce en quoi elle avait raison ! Car j'étais un homme qui l'aimait !

Le cadeau, ça viendrait plus tard...Je sortis les photo ! Il fallait faire durer...Je lui ai fait quelques commentaires flatteurs...lui disant que c'était artistique, que je l'admirais beaucoup pour les capacités qui étaient en elle et que moi seul voyais ! Puis...enfin :
« Je te fais un cadeau... Pour te remercier ! »...
Un peu surprise, comme se défendant, elle répondit : « me remercier...de quoi ? »
« Pour te remercier d'être là !et parce que je te dois beaucoup », lui dis-je (je l'avais préparée, la réponse !)

Voyant « la sorcière », elle fut joyeuse ! D'ailleurs elle adore les cadeaux ! Elle me l'a dit ! Elle était craquante...Mais point trop n'en faut...avec son costume de pauvre magyar qui va au temple...Modeste et digne ! Mais elle tient plus de l'ange que du protestant !
Ça m'a fait du bien de la voir ! Elle avait l'esprit du dimanche comme un halo de lumière qui éclairait mon c½ur...Enfin, je te retrouve !...C'est toi ! Cette jeune fille pure que j'ai vue la première fois ! Je ne m'étais pas trompé ? C'était bien ça...C'est Toi !

Elle m'avait embrassé avec beaucoup d'amitié et de chaleur...J'étais troublé...Dimanche en elle m'éclairait ! Qu'est-ce qu'il lui avait dit, le pasteur, pour qu'elle soit si belle ? Profitant de cette nouvelle rencontre dans la sainteté, je lui posais quelques questions sur la dernière soirée que nous avions passée ensemble !
_Que voulais-tu dire par : « Je suis agréable seulement avec les gens que je ne connais pas » ?
Elle m'expliqua que c'était par timidité...Par crainte d'être rejetée,ou qu'on se moque d'elle...qu'elle était gentille !...Ce n'était rien d'autre que du manque de confiance en soi... Moi qui croyais ?

C'est dur d'avoir confiance en soi, j'en sais quelque chose et je comprends...Avec moi, pouvant s'exprimer librement...elle était franche ! Ses « mauvaises manières »étaient en quelque sorte des compliments ? Devrais-je m'en plaindre sous de fallacieux prétextes de jalousie ?...Je la quittais sans m'accrocher à elle et pris le tram...

Le soir, j'étais une heure d'avance au rendez-vous. Je passais quelque temps d'attente délicieux dans un bar, duquel on pouvait observer une partie de Moszkva Tér...Puis je fis le tour des « Romania », pour acheter des napperons qu'elles vendent en fraude. Elles allaient justement partir, repasser la frontière et elles étaient trois. Toutes vêtues de noir !...Elles me firent penser à des « Madones ».Elles firent une bonne affaire avec moi, moi avec elles...Tout le monde était content !

Dans l'élan, je m'acheminais tranquille vers deux petites vieilles qui étaient là, postées dans la rue (on aurait dû s'occuper d'elles ?)...toute la journée à tendre des bouquets ! J'en achetai deux. Il y en avait un magnifique, toutes fleurs ouvertes et un autre, mignon aussi, pour « mon alliée de toujours »...Judith !

C'était une couronne de laurier sur ma tête et un honneur que de sortir entouré de si charmantes enfants ...moi qui n'était qu'un artiste sans consistance !...Nous allâmes au « Café du Pardon ».Il n'y avait personne ou presque, le pianiste était bon...J'étais ravi ! Mais j'arrive à l'essentiel. Aujourd'hui, j'ai accompli une prouesse...J'ai menti !

L'Aimée était froide comme un couteau ! Pas désobligeante ou irrespectueuse, non, mais froide !...Elle parlait en magyar pendant tout le trajet, moi, je patientais du côté de Judith ...Je m'étais conditionné par avance à la tricherie. Pour ce faire, j'avais pris des tranquillisants. Je suis un homme prudent...J'ai déjà donné dans l'extrême et la passion... j'en ferais autant !...Mais autrement ! Perdu pour perdu, autant affecter le détachement !...Mais il fallait force plantes pour me calmer ! Quand elle enleva son manteau...

L'Aimée était belle...on s'en doutait !...Elle avait un pantalon noir « à pattes d'éléphant » un dessus en satin mauve... un foulard noir autour du cou, comme une esclave somptueuse que l'on tient en laisse...
Mais je cachais ces louanges qui montaient à mes yeux...et blaguais. Je racontais des sornettes un peu paillardes, jouant avec ma cigarette et mon appareil photo...J'avais envie de la croquer à genoux mais (c'est là, la patience d'avoir appris des femmes...) n'en laissait rien voir...N'importe quelle personne d'un peu d'expérience ne s'en serait pas laissé à croire...Mais à ce qu'il me sembla, elle commença à douter...

Elle m'a cru quand je lui ai dit que j'étais content pour elle, parce qu'elle était « sortie »avec un garçon à Nîmes...Que ça lui faisait une expérience !...Et je souriais...Ainsi je jouais le rôle désarmant de celui qui, retrouvant une « copine », se réjouissait avec elle de ses amants ! De la science pour un type comme moi ! Comme il m'en avait fallu, du temps !

Sa « relation »à Nîmes, ne semblait pas l'avoir satisfaite autrement...Le garçon la trouvait pas « cool » !...Tu penses ! Elle n'entretenait pas de correspondance avec lui !...Quel dommage ?...Quel dommage...vraiment ! J'étais on ne peut plus satisfait ! (Bien que j'en souffre encore).Une histoire sans lendemain que c'était ! Tout le contraire de moi, qui était là avec elle, et prenait le temps de l'écouter...

Un jeune, c'est bien !...Mais pour durer ? Il faut de l'expérience, du savoir faire, et de l'amour !...Et ça ?...C'était moi !
Douce comme la neige, ce fut elle en partant, qui me donna rendez-vous...Jeudi huit heures (20h) ! Elle me téléphonerait. Jeudi, je serai là !...Je risque pas d'oublier ! Puis elle partit en courant chez ses parents, car il faisait froid et qu'elle était habillée léger...Moi, triomphant, je rentrais à pieds !...Quel beau coup ! Et qu'il m'en souvienne...J'avais appris à mettre un masque, comme dans un théâtre grec...J'avais joué mon rôle parfaitement...Applaudissements !...Merci !
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# Posté le lundi 12 juin 2006 09:38

UNE JOURNEE EXTRAORDINAIRE (suite)

UNE JOURNEE EXTRAORDINAIRE (suite)
Maintenant que j'ai réussi à lui faire croire que je ne l'aimais plus, je pourrais peut-être prendre avantage à continuer ?... nonchalamment, je pourrais lui faire gober ...que je ne l'ai JAMAIS AIMÉE ! Pour voir ?
Avec toutes les preuves de dévouement qu'elle avait eues de moi, c'était du domaine de l'impossible...Herculéen, c'était ! Les preuves d'amour que je lui avais données !

Elle avait vingt-et-un ans...mais à cet âge là, en Hongrie, c'est encore la virginité de l'âme...Elle croyait ce que je disais parce que j'étais un adulte...tout simplement ! Moi, comme le renard affamé...Je rusais !...Je lui ferai lâcher son fromage à ce noir corbeau !...Qui disait qu'elle ne pouvait pas aimer un homme qui l'aime...Le SALAUD !

Je lui dirai qu'en France, l'amour n'est pas si important...Qu'on fait des délicatesses, des courtoisies, pour le plaisir uniquement...Qu'on est frivole et galant ...en France !Elle est jeune, elle est hongroise, elle connaît mal la France et les adultes...JE L'AURAIS !!!

Ainsi...peu à peu...y mettant autant de verve que de coquineries, je lui dirai ceci :
« Tu sais, j'aime les femmes...mais je préfère de beaucoup le jeunes filles ! »(Ah ! les jeunes filles de Budapest...Mais l'Aimée est la plus belle de ses s½urs !)
« Seulement, les jeunes filles, c'est plus difficile à avoir...dans son lit ! Il faut les aimer, ou faire semblant, leur parler mariage, tout ça...Et ça marche bien ! C'est comme ça qu'on les attrape, les demoiselles de dix-huit ans ! »

Continuant dans cette voie, je pourrai savamment détruire toute noblesse dans cette « alliance » qui nous unissait...
Relation toute provisoire, certes ! Mais elle n'en était pas moins profonde, ni moins spontanée. Elle était l'½uvre de la vie...
J'en ferais un acte de calcul, de vantardise masculine, lui disant par exemple, que nous avions fait des gorges chaudes avec les copains, en évoquant son manque d'expérience et sa timidité en amour !...Ce genre de chose, d'un ton léger...
C'est comme ça que je l'imagine...Mais des gorges chaudes avec les copains, j'en ai jamais fait...Ca risque pas !...
Si l'on parle de l'Aimée, c'est avec des pincettes et des gants...On me connaît !...On sait qu'il y a des choses, avec moi...sur lesquelles faut pas plaisanter ! On peut rire de tout, peut-être ? Mais gardez-vous que ce soit devant moi ! Que je vous prenne à rire à propos d'elle !...Si vous riez de moi, je vous pardonne, mais elle... Elle est SACREE !

Vous pouvez toucher à tout...ça m'offense peut-être, mais je ne dis rien !Je reste là, j'écris !...Mais ne touchez pas à l'Aimée,même de loin,même par la pensée...car je vous retrouve où que vous soyez...Dans ce siècle ou « n'importe »quel siècle...Voyez-vous !?!Je ne vous demande pas de comprendre...
Pour conclure, je lui dirai : « Il n'y a rien ! Rien qui puisse me donner autant de plaisir qu'une jeune fille... »J'aimerais bien la voir s'écrouler devant moi. Juste une fois...Ca oui !
Prendre une vierge par la main et la conduire au plaisir...ce n'est pas seulement lui apprendre à faire l'amour...C'est lui apprendre à Aimer !
Buda 1/10/95
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# Posté le mercredi 14 juin 2006 16:29