NYUGATI

NYUGATI
Ben voilà, c'est reparti ! Ce matin je me suis levé très tôt. La néni devait me réveiller à 7h30 mais quand elle est venue, j'étais déjà prêt .Je n'ai laissé derrière moi, que les cendres imprégnées dans la moquette. Abrégé le discours d'adieu ! ... C'est elle qui me fait partir ? Moi, je serais resté.
En passant devant la maison de ses parents, j'ai laissé mon journal sur une poubelle...Elle le trouvera peut-être dans un moment, quand elle partira à l'école...Puis, je me suis traîné jusqu'à l'arrêt de tram, avec mes bagages.

Maintenant me voici attablé devant un café froid sur une terrasse ensoleillée de la gare de Nyugati. Le train part d'ici deux heures, j'ai le temps...
Les hongrois ne m'apparaissent pas très forts pour le commerce. Certains sont même franchement antipathiques, voire brutaux. Evidement, au prix où ils sont payés !...
Moi dans ce cas je retiens les forints. Sombrant assez facilement dans l'avarice quand quelque chose me chagrine je ne suis pourtant pas si dur ? Il suffit d'un sourire, d'une attention ou d'une délicatesse, je fonds...Mais c'est comme ça ! Me refermant comme une huître, protégeant ma perle noire, je suis susceptible ... Triste, non ! Ce n'est qu'un faux départ. Où que j'aille mon c½ur est ici, alors ? ...

Il fait merveilleusement bleu, dans le ciel au-dessus de Pest ! Dans quelques heures, il fera chaud...Je sors mon paquet de tabac, me roule une cigarette. C'est un geste rustique et apaisant qui demande de l'attention. Une pause qui permet de rester plus longtemps au même endroit... Sinon je courrais toujours ! Puis, quelqu'un qui « se roule une clope », ça rassure. Ça se fond dans le paysage...Mais de la façon dont je m'habille, j'attire quand même les regards. Souvent on me prend pour un anglais ? Mais je me perds dans les détails ...
Pest 26/9/95
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# Posté le samedi 10 juin 2006 10:45

JATE KLUB

Szeged ! Judith et Attilá sont venus m'attendre à la gare. Ils sont charmants !...Ce soir j'ai été voir mes amis musiciens, le groupe Barbaro. Quand je dis « mes amis », j'anticipe .Ce ne sont que des connaissances.
Avant le concert Je me suis donc pointé au « Jate Klub ».Il y avait un public très jeune et enthousiaste ! Baragouinant avec le videur je me suis débrouillé pour entrer. J'en tremble encore ! Il ne m'a pas cru quand je lui ai dit que j'étais un ami de Yorgosz mais je suis renté sans débourser un forint ...
L'argent ne manque pas, mais Yorgosz m'avait invité ...Donc !

Le groupe était en train de régler le son. Il m'a fallu affronter d'autres gorilles qui me barraient l'entrée de la salle de concert. Dans les yeux de l'un deux, j'ai senti « la baston » qui se préparait, si j'insistais plus lourdement.
J'ai dit j'attendrais, j'ai tourné bride ! Je ne suis pas en état de me battre, si je l'ai jamais été. Je suis lâche et les coups me font peur ! Ceux qu'il faut donner, ceux qu'il faut prendre ! C'est une des raisons qui me fait préférer la compagnie des femmes. A part quelques exceptions, elles n'aiment pas la violence. Il en est toutefois, qui aiment voir les hommes se battre, parce que ça les excite ! Dommage pour les enfants qui naîtront...

Un peu dépité, j'ai cherché refuge vers le bar. Là Yorgosz est venu me chercher. Chaleureusement il m'a accueilli et mettant son bras autour de mon épaule, il m'a conduit au devant des gorilles ébahis ! Tout fier que j'étais et rasséréné ! Il faut dire que je n'en menais pas large !
J'ai choisi Magyarország pour être le Pays Bleu ! Mais les Magyars, eux n'ont rien décidé ? Ils ne me connaissent pas. Je me demande encore parfois, l'espace de quelques secondes, ce que je fous là ?

Avant de rencontrer l'Aimée, je ne connaissais rien de la Hongrie ? Vaguement la capitale, parce que « les chars russes avaient pénétré dans Budapest ». Donc, je savais que c'était un Pays de l'Est. Je croyais ce pays si loin ? Beaucoup, en France, n'en savent guère plus que moi ? Ah oui ! Encore !...Les Hongrois étaient connus pour attaquer les croisés à cheval ! C'est un peu juste, non ?

Mais je suis ici ! J'ai vu le Pays Bleu dans les yeux de l'Aimée, j'ai aimé son pays, comme j'aime sa maison. Je suis fou...Ici, pas besoin de le cacher...Je suis un Etranger.
Parlons Musique ... J'ai les oreilles qui sifflent encore ! Je me suis mis tout près des baffles, à côté du guitariste. Il est vraiment bizarre ce guitariste ? Il utilise à peu près le même matériel que moi, joue assis, (Tout comme moi) tête baissée, et ne regarde quasiment jamais le public...Je le soupçonne d'être un grand timide...Leur musique est exceptionnelle, j'en suis tout retourné !...Comment expliquer avec des mots, la musique ?...

Le batteur est une espèce de Taureau, qui tape comme un sourd ! Il ne fait pas dans la dentelle, il attaque ! Quand un « mec »comme ça cogne à ta porte, tu ouvres où elle vole en éclats !
Le bassiste est un barbare raffiné, avec une queue de cheval et un zeste de mépris à la bouche. Il semblait avoir une discussion assez vive avec la chanteur...Ce qui est normal, quand on fait le son.
Les hommes sont faits pour se battre, les musiciens ne font pas exception. Quand ils jouent, c'est autre chose ... C'est l'extase !...Le bassiste (par exemple) que je trouvais un peu antipathique, a dans le regard quelque chose de suave quand il joue. Et ça SONNE !

Leur musique est plus que violente pour les oreilles et pour l'esprit ... J'aime ça ! Il y a en moi cette même violence contrôlée et sublimée. Il est nécessaire de l'exprimer.
Question technique, c'est l'enfer ! Pour les initiés, ça n'a rien de facile...On pourrait dire que c'est un groupe « d'avant-garde »mais je n'aime pas cette expression. Non ! Le nom « barbare »dans toute sa splendeur originelle habille cette musique d'un nom qui lui va comme un gant. Même si leur musique est complexe, ils restent simples avec moi, les musiciens du groupe Barbaro.

Ity (le guitariste) m'a trouvé une piaule. Mais il faut payer trois mois d'avance. C'est une aubaine ! Une angoisse aussi, comment vais-je faire ? Chaque fois que je me suis lancé dans de « grandes entreprises », je me suis planté. Pourtant je travaillais dur, j'avais la foi ? Pourquoi Dieu ne m'abandonnerait pas cette fois aussi ?...Comme il m'a semblé le faire si souvent ?

Mais toutes ces questions n'ont que peu d'importance, puisque de toute façon, je vais rester. Je préfère risquer le coup, mourir une bonne fois, plutôt que rester à croupir à Nacens, où rien ne se passe... Puis, c'est vrai ! Ici je serais proche de l'Aimée ! Je rêve ou non ?

Mon Dieu, souviens toi de ma jeunesse. Faisons ensemble quelque chose de grand. Bien sûr, ce n'est pas Toi que j'adore mais Lilith ... Elle me mène par le bout du nez ! Malgré cela conduis-moi vers mon étoile, ou apprends-moi à mourir...d'amour ! Mais ne permets pas que ton nom soit offensé. N'abandonne pas mon âme simple en pays étranger !
Szeged, 26/9/95
JATE KLUB
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# Posté le samedi 10 juin 2006 15:57

LE SERPENT

LE SERPENT



Tu as peur des serpents ? Peut-être tu as raison ? Pourtant, c'est gentil comme tout, un serpent, si tu sais t'y prendre. C'est beaucoup plus doux qu'il n'y paraît ...à caresser !...Ça a des yeux comme des fentes, des yeux bridés un peu verts ? Ses regards sont des moitiés de regard, car il contemple (aussi) l'intérieur. Et c'est là qu'il te voit !

Un serpent, ça a ses habitudes, son gîte, son couvert !...Il n'aime pas en changer car il est craintif et revient toujours dans les lieux qui lui sont familiers. Il ne fait pas de la musique celui là ! Ce n'est pas un serpent à sonnettes !...Mais il glisse silencieusement sans sourire sa sente sinueuse...

Il siffle !...Pas souvent, mais ça lui arrive...Il est alors trop tard pour prendre la fuite !...C'est le vrai serpent, celui qui te connaît ! Il revient mais trouve la porte close ? Par la fenêtre ou par le soupirail, il ne peut pas rentrer chez lui ? Alors il soupire et se retire en grinçant des menaces !
Faut pas fermer ta porte au nez du serpent ! C'est alors qu'il devient méchant ! C'est alors qu'il faut avoir peur, car si rancunes, laideurs, méchancetés, c'est installé dans son c½ur, c'est bien ta faute !
Dès lors, même s'il te paraît tranquille et froid, même s'il devise paisiblement avec toi, attention ! Errant tout triste dans les jardins et sous les bancs où pépient les jeunes filles...Il revient !

Un serpent, ça ment, ou ça mord s'il trouve nécessaire ! Jadis, c'était un dragon. Il était roi du monde et volait dans les cieux. Maintenant, il rampe à tes pieds !...Comme je le sens, le moment est proche où il va se révéler à toi, dans toute sa noirceur. Pourtant, moi qui l'ai connu, je sais bien qu'en lui n'était nulle violence ? Dormir dans l'herbe tendre, regarder les oiseaux sans jalousie, croquer à l'occasion quelques souris (mais sans leur faire de mal) lui suffisait à vivre.

Mais ce jour fatal où tu es apparue, ne peut être gommé de sa vie...Il était venu vers toi, attiré par les étoiles de tes yeux et la lumière de ton sourire...
Hélas !...La douceur de ton visage est un masque trompeur, la grâce de ton corps, un piège mortel !...Tes aspirations secrètes sont pour les choses de ce monde...Aussi n'est-il pas étonnant que tu aies méconnu le serpent qui t'aimait...
C'est pourquoi, désormais, cherchant la nuit, il suivra son chemin de solitude et de mélancolie...Crachant son venin sur un parchemin, il t'écrira ces mots :
« Remontant à la source perfide de mes pensées, j'ai trouvé deux aspics enroulés autour d'un même calice...Je te tiens,Ô Lilith mon adorée, entre mes anneaux dorés !...Je mords ton cou fragile et m'enivre de ton sang, mêlant à ton âme, comme une liqueur, ce poison que tu as versé dans mon c½ur... »
27/9/95
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# Posté le samedi 10 juin 2006 16:12

FANTASMES ET PAPRIKA

FANTASMES ET PAPRIKA
Le paprika n'est pas une denrée rare ! Il fait partie intégrante de la culture hongroise. Szeged est bien connue pour son paprika.
Ce soir là, sans préméditation aucune, mais ayant faim de choses crues, je mangeais une bonne moitié d'un paprika rouge et piquant. Je répondais ainsi (sans me faire prier) à l'invitation d'Attilá, qui m'avait courtoisement ouvert son frigo.
Dans les minutes qui suivirent, me trouvant seul à la cuisine, j'eus un coup de chaleur et commençait à transpirer...Les fantasmes les plus délirants se mirent à défiler, en sarabandes obscènes de démons effrénés !...
Prenant alors la plume (qui n'était qu'un vulgaire stylo), je me mis en devoir d'écrire ou du moins d'essayer), ce qui me passait par la tête !...

# Posté le dimanche 11 juin 2006 12:20

FANTASMES

FANTASMES
L'Aimée et moi filions à grand train dans une voiture rouge ! Je la conduisais vers une destination, tenue par moi secrète, en un lieu, fiévreusement aménagé. C'était un piège diabolique (il faut employer le mot !)Que j'avais préparé pour elle.

« Tu sais, que je tiens beaucoup à toi ! »Lui dis-je.

-Oui, me répondit-elle, avec un peu de lassitude, je le sais... »

Sa voix était éteinte, car elle n'aimait pas les hommes qui tenaient à elle... donc qui l'aimaient !
Nous avions convenu de passer quelques jours ensemble, dans un chalet dont moi seul connaissais l'isolement. Cela m'avait coûté une petite fortune, mais c'était la seule façon que j'avais de lui faire mes adieux. Je savais que j'allais la perdre ... J'en souffrais...

« Ça nous fera du bien de prendre un peu d'air » lui dis-je d'un ton léger.
Je garais la voiture sur le bas-côté...Nous étions arrivés !
Dès qu'elle fut entrée, je refermais soigneusement la porte mis la clé dans ma poche. Elle visita la maison qui d'ailleurs était fort belle, en s'émerveillant de peu et de tout...Je sentais mon c½ur se serrer de la voir si innocente, et crus mainte fois reculer l'exécution de mon projet. Mais me souvenant de Lilith et qu'elle m'avait détruit, je puisais dans la mémoire la plus cruelle, le courage ténébreux de continuer.

Jouant avec un art consommé de l'hypocrisie le rôle du papa plein de prévenance, tandis qu'en moi se bousculait des hordes furieuses et sauvages que j'avais emprisonnées mais qui, sentant leurs délivrances prochaines, s'agglutinaient...

LE RESTE EST INTERDIT AU MOINS DE DIX HUIT ANS,JE L'AI DONC SUPPRIME

# Posté le dimanche 11 juin 2006 12:50