Lilith est une lune noire. C'est assez comme explication ! On passe outre, les astrologues, l'astrologie, on invente, on image !
N'oublions pas que pour celui qui écrit, l'imagination, la « réalité » ne font qu'un. Certains penseront que sous l'emprise du désir et de la frustration, je délire. Certes !
Mais regardez un peu la tronche de vos matins, quand vous attendez le tram, pour « pointer »à l'usine ! Vous verrez alors, qui est au plus proche de la raison !
Lilith, tu n'es pas la beauté, mais tu l'imites ! Tu limites aussi mon horizon, par ta noirceur ! Tu n'es pas la beauté, l'amour seul est beauté ! Toi Lilith, tu es bottée de cuir et tu attires à toi les hommes perdus !
Ce serait folie de te résister ? On ne résiste pas à Lilith ! C'est un trou noir qui aspire la lumière et fait mousser les hommes en spectres blancs !
L'autre nuit, je disais à l'Aimée que je ne la connaissais pas ? Vivement, elle répondit :
« Mais si tu me connais » !
Il n'y avait dans ces mots aucun « r »à rouler ...
C'est vrai, je te connais ! Derrière le visage de l'Aimée, tu es là Lilith, je sais ! Obscurément. Tu apparais, disparais, c'est ton rôle ! On ne te trouve jamais ! Le temps d'aller vers toi...déjà tu es ailleurs ? Je le sais, Lilith, je l'ai compris. Tu te sers d'elle ! C'est pour cela « qu'Elle », bien que ne m'aimant pas, ne « peut s'empêcher »...Elle est venue, je l'ai trouvée !
Bien sûr, elle était en état de faiblesse au pays des lumières...Là où règne le « Cagnard ».
L'Aimée ne savait pas que Lilith était en elle ? Mais je l'ai vue !
Tu es froide, comme les serpents. Tes accouplements ont besoin de violence. Ainsi, quand tu parlais de Dieu, essayais-tu de m'égarer ? Car tu es avec Dieu, Lilith...Mais de l'autre côté ! C'est pour cela que l'Aimée à peur ! Elle ne connaît pas encore ce qui est en elle ! Mais elle sent bien que je lui révèle confusément !
Oui, Lilith, mon égale, ma Déesse, je te connais ! (Tu es)Comme une statue antique sur les hauts de Buda.
Je t'admire pour ton rouge écarlate sur les pommettes, quand doucement tu écartes les bras...Pour attirer vers toi les hommes perdus !
Pour ta lumière inversée je t'adore ! Quand nous étions dans le train, je disais à l'Aimée : « Je t'adore » c'est vrai.
Tu le savais, Lilith. C'est pour cela que tu m'as suivi là où je voulais. Je n'ai pas peur de toi, pas plus que je n'ai peur de moi-même ! Mais bien que je sois à tes pieds, tu me crains !
Car la force jamais utilisée, que je possède, éclaire ton c½ur Lilith ! Mais il est comme un astre mort... Jamais ton c½ur ne résonne autant que quand tu entends le bruit de mes pas dans la nuit... Tu te nourris de ma souffrance ...
Je te donne tout et tout de suite ! Avec autant de flammes, de cris, que de douleurs ! C'est ainsi, je m'offre à toi qui ne sais que prendre ! Et tu éprouves une vénération secrète quand tu reçois mes cadeaux...
Il est grand, cet acte que tu ne peux comprendre... Mais c'est ton malheur et ton impuissance...Tu t'es donnée déjà... Je t'ai prise, souviens toi !
Moi, je connais un monde de tendresse, de douceur... Toi, les glaces austères de ton c½ur. Tu es la Vierge Noire, avec des dents de lion ! Moi qui craignait tant...de te perdre ? C'est moi qui vais me perdre volontairement. Je le sais...Lilith attire à elle, cet homme perdu...
Buda 25/9/95