L'ALLUMEUSE

L'ALLUMEUSE
Aujourd'hui, j'ai été cherché les photos. La preuve est faite !tu es bien une allumeuse ! La nuit affreuse que j'ai passée, c'est bien toi qui l'a provoquée, par ton manque de tout !...Tu n'est qu'une égoïste ! Tu aimes te faire désirer...Et tu me plantes là, mon désir et moi ! Conduis-toi autrement, quand même ! C'est mal de faire souffrir un homme ! Et c'est dangereux !...

Tu m'as tellement bafoué, humilié, proscrit, que j'en suis réduit à penser, te prendre de force ! Et même (car j'ai peu de force) sous la menace d'un couteau ! Je finis par me dire que c'est ça que tu veux...tellement je suis excédé ! Si tu ne m'aimes pas, arrête un peu, d'écarter les cuisses devant moi ! C'est si facile ! Il n'y aucun mérite à « allumer » un homme !

La prochaine fois va jusqu'au bout ! Ou abstient-toi...Moi j'ai un c½ur et un sexe, tu comprends ? Combien j'aurais voulu qu'il en soit autrement ? Mais nous sommes tout deux bien fous ! Et quel homme raisonnable tomberait aussi éperdument dans des pièges aussi grossier ? J'ai fait trop cas de toi !
Tu n'es qu'une petite sotte, qui ne me vaut pas ! Ce n'est pas à cause du peu de succès que j'ai auprès des femmes, que j'en ai moins de valeur ! Ma valeur ne doit rien aux femmes !

En plus, maintenant, la néni me fait la gueule...Je la déranges dans ses chères habitudes ! Il manquait plus que ça !...L'atmosphère est devenue pesante. Dehors les chiens aboient (je n'invente rien).C'est cette cuvette humide du Hüvösvölgy qui me rejette !...

Bandes éphémères de petits cons ! Soyez maudits durant vos jours et vos nuits ! Que vous ai-je fait ? Est-ce ma délicatesse, ou la poésie qui émane de moi qui me rend si insupportable à vos yeux ? Bande de riens ! Que croyez-vous ? Je n'ai besoin que de moi-même !...Et de l'Aimée.

L'Aimée, c'est autre chose ... Elle est en moi, et quoiqu'elle fasse, elle y sera toujours ! Elle est la porte d'un monde merveilleux...Que j'appelle le Pays Bleu.
Allons, je m'en vais !... Il y a une puissance en moi qui se moque bien de ce monde médiocre et besogneux. Bâtards ! Vous aviez la noblesse au milieu de vous !...Avec ce qui vous manque le plus...L'IMAGINATION !...
Non rien ne saurait m'arrêter...Que la mort !...Cette salope ! Mais les salopes je connais ! Viens donc, la mort, me baiser ! VIENS !!!
Buda 23/9/95

# Posté le jeudi 08 juin 2006 02:41

LA MAISON

LA MAISON
De l'arrêt du tram j'observe la maison...C'est une maison qui n'a rien d'ordinaire, car elle abrite l'Aimée. On la voit à peine d'où je suis, car les arbres la cachent...On y voit que le chapeau, un toit charmant et gris qui pointe...C'est là que la famille de l'Aimée se blottit...Comme dans un nid soyeux...Ils ont bien de la chance d'avoir une maison !

C'est le soir...Les fenêtres sont éclairées. Il doit y avoir la maman et la s½ur. Le père est parti aux vendanges avec toi .Comme j'aimerais rentrer dans la maison pour y être avec eux...Mais je suis là, buvant mes larmes...Comme j'aimerais faire partie de la famille ! Ce serait doux...Je vous aime tant, vous qui partagez la vie avec elle !...

Chaque fois, avant de prendre le tram, je faisais une photo du toit. J'en ai toute une collection ! Parfois, ce toit est blanc, d'autre, il est roux...suivant la couleur du ciel (il est gris aussi).
Le mot « Rêve »revient souvent ... Mais on pourrait en trouver d'autres ? « Chimère », « Déraison » ou « Folie », par exemple...Il faudrait en avoir le talent ? Mais il ne s'agit pas ici de littérature, ni de Bel Esprit ! Mais d'un château de tuiles...Sous lequel il y a la chaleur de vivre.

Comme elle doit être bonne, la mère... paisible, le père...Comme je serais bien avec eux ! Mais je sais d'expérience, malgré tout mon bon vouloir, que c'est impossible ? J'ai bientôt quarante trois ans, beaucoup de malheurs, pas de fortune. Quel avenir ? Ma santé est fragile... L'Aimée pourrait être ma fille ! Alors ?

A ce point ma fatigue est extrême...J'ai loupé mon arrêt. Il faut dire qu'on économise la lumière à Buda ?...On économise tout !... J'ai donc été jusqu'au terminus ! Je me disais pourtant : « Tiens, cette fois, je vais descendre à l'arrêt d'avant ... Je passerais devant la maison ... je verrais le portail » ! C'est un très beau portail ! Avec le chiffre de l'homme planté au milieu des boîtes aux lettres ! (Que celui qui a de l'intelligence calcule le chiffre du portail) ?

Du terminus, c'est à peine quatre ou cinq kilomètres à galoper...Avant de me retrouver à écrire chez la néni. Ecrire ? Ca me donne l'impression d'être proche de toi. J'oublie pour l'instant combien tu es indifférente et cruelle. Après tout, ce n'est pas ta faute si tu es comme ça...D'ailleurs je pense que tu aimerais me voir heureux. Mais sans toi ?

Tout à l'heure dans la ville, j'étais très en colère !Maintenant, j'éprouve une grande lassitude...J'écris pour l'heure par l'espoir...L'espoir qu'un jour elle me lira peut-être...Qu'elle comprendra ce que j'ai fait pour elle et en sera émue...Dans dix ans ?Peut-être ... Serais-je encore là pour la voir ? Elle, où sera-t-elle ? La vie est si fugace... Peut-être partira-t-elle avant moi ? Mon Dieu, ne permet jamais à mes yeux de voir l'Aimée privée de vie !
24/9/95

# Posté le jeudi 08 juin 2006 04:53

L'AIMEE, LES AMI(E) S

L'AIMEE, LES AMI(E) S
Pas le moindre souvenir d'un geste de tendresse ?...Mais il y en a eu cependant ! Ni d'un « Je t'aime »chuchoté à l'oreille ? Cela a bien dû exister pourtant ?...J'ai oublié...Est-ce qu'un jour, je l'oublierai ? Déjà j'oublie ma vie à Ansenc ! Mais mes ami(e) s sont toujours avec moi ... Bientôt j'aurais beaucoup d'amis ici aussi ! Je les appelle, j'ai besoin d'eux...

Si l'Aimée, comme il est à craindre, ne m'aime pas, je veux qu'ils me confirment que j'ai eu bien fait de venir...Tendez-moi la main ...Je suis riche d'un feu qui ne s'éteint pas !
Comme je serais bien auprès d'elle !...Mais elle ne veut pas ? Quand on a vu l'Aimée comme je l'ai vue...Quand on a entendu sa voix...Quand on y a gouttée...Y'a pas de cure de désintoxication pour ça !...S'il te plaît, encore une fois ! La dernière et puis j'arrête ! C'est promis ! Juré !...Donne-moi une bonne dose de toi !

# Posté le jeudi 08 juin 2006 05:05

JUDITH

Judith est une amie de l'aimée .Elles se sont connues en France, où elles étaient toutes deux jeunes filles au pair.
Heureusement qu'elle est là, Judith ! Ce n'est pas qu'elle puisse grand chose, mais elle est la condition si ne qua non de mon séjour ici. C'est un lien avec la réalité de ce pays. Sans elle ? Je ne saurais où aller ? J'irais pourtant, s'il fallait, mais à quel prix ?
Elle m'a invitée à manger chez ses parents pour la deuxième fois. J'ai un peu honte ... S'ils savaient ? La mère, toute de douceur, semble m'aimer bien. Elle nous sert à table en restant debout dans la cuisine. Le père est assis dans le salon à côté. Leur présence est légère. Ils ne pèsent pas sur l'invité.
Quand à moi, sans gêne, j'engloutis une assiette bien pleine et bien bonne.

C'est vrai que leur appartement est petit. Ils travaillent, je ne sais plus dans quoi, mais il faut des études pour ces emplois là ! Et c'est tout ce qu'ils peuvent s'offrir ? Ce sont des gens cultivés, modestes et leur fille est jolie ! Ce sont pourtant des « privilégiés »par rapport au grand nombre.

Comme la famille de l'Aimée, ils ont élevés leurs deux filles convenablement (car Judith à une s½ur que je ne connais pas. Elle me l'a présentée plus tard)
Judith va à l'université, elle a toujours un peu d'argent sur elle (pour se payer des gâteaux par exemple !)Elle est bien habillée !
Ils habitent un quartier plutôt chic de Buda. En France ce serait des gens aisés, des petits bourgeois.

Moi je suis hors classe, ou hors castes !
L'argent n'a jamais été un problème pour moi, parce que je suis « malhonnête », et que je ne paie pas mes impôts ! J'ai même réussi à « dégotter » une petite pension de l'état. Ce qui fait dire à mon frère que je suis un « assisté » Un artiste raté !
Mais il le dit en souriant, il n'y croit guère. Du moins je l'espère pour lui. Un artiste ... Peut-être ? Où un pauvre type esseulé qui se la raconte, parce que ça l'aide à vivre ?

Moi mon rêve, c'était l'Aimée dans sa chaumière, avec ses tresses blondes. Une fille qu'aurait déjà souffert, mais sans être abîmée par la vie. Qui n'aurais pas craché sur mon coin de ciel bleu, dans le Midi. Elle aurait été pleine de reconnaissance, d'admiration, m'aurait aimé éperdument ! Une « Cendrillon », si vous voulez ?

Mais c'est mon carrosse à moi, qui se change en citrouille. On n'aime pas les moches, les pauvres, les malades. Ce sont des parias ! Il n'y a bien que moi, pour s'en étonner ?
C'est vrai, la vie est dure en Hongrie ! Mais elle est dure aussi pour moi ! Dire que je suis en « vacances » ? En vacances de quoi ? Je n'ai jamais travaillé ou alors j'ai fait semblant...

Judith a un ami qui s'appelle Attilá. Ils étaient venus tous deux, me voir à Esannec. Je ne sais pas comment fait Attilá pour être aussi tranquille ? Je les ai vus dans le même lit, l'un en face de l'autre, dormir paisiblement. Moi, dans ce cas, avec l'Aimée, je n'aurais pas dormi ? J'aurais essayé de la toucher pendant son sommeil en écoutant son souffle. Attilá non ! Il dort ! Il fait pas semblant ?
Il y a ici une innocence qu'il n'y a pas chez nous. Difficile à expliquer ? Ou peut-être c'est moi qui suis vieux ? Eux, ils ont vingt ans ! Mes vingt ans, je les regrettes pas. J'étais en « galère »à Paris comme je le suis à Budapest, pour une blonde aux yeux bleus ! Peut-être est-ce toujours la même galère ?

Cette désespérance, cette noirceur, c'est mon pain de tous les jours. L'on pourrait admettre que j'ai une certaine habitude...Il n'en est rien ! Je n'ai pas d'habitudes, je n'ai que du chagrin. Parfois je me demande si j'ai du talent ou si mes amis ont pitié ? C'est dur d'être mal aimé !...

De chez Judith, je me suis enfui !...Elle m'avait laissé son lit, avec une couverture, c'était gentil...Mais quand je me suis allongé, les fantasmes de l'Aimée m'ont assaillis !...C'est décidé ! Je vais me taper un « Top less » .Voir les culs bouger...à Pest ! Le mal par le mal, quoi ? Finalement, je suis tombé sur une pute (kurva) dans les rues glauques autour de Blaha Tér.
24/9/95
JUDITH

# Posté le jeudi 08 juin 2006 05:19

LES PUTES...LES JEUNES FILLES

LES PUTES...LES JEUNES FILLES
La Hongrie est un pays scorpion. Autant dire que ça baise à tout va ! Budapest est en passe de devenir une capitale en matière de pornographie ?...Enfin, c'est ce qu'on m'a dit ? Parce que moi j'ai rien vu ? Je n'ai pas baisé non plus ? Il y a des putes, paraît-il, qui attendent le client aux portes des grands hôtels. Mais je n'ai pas vérifié ? Il faudrait y aller dans un Grand Hôtel ! J'en aurais les moyens pour quelques jours. Il faudrait pour cela, un complet veston, une cravate, une montre...toute la panoplie...Admettons ?

Ce qui « m'érotise », en fait, ce sont les jeunes filles de Budapest. Certaines sont...je n'ai pas de mots pour le dire...Elle en ont, dans le pantalon ! Ah ...cette exquise sensualité naturelle des jeunes filles de Budapest ! Pas bêcheuses comme chez nous ! Naïves comme ce n'est pas permis...Farouches aussi.

J'ai essayé de les prendre dans ma boîte ! Mais c'est pas facile de faire des photos...Il faut les voler ! Alors souvent, je les prends de dos. Je les repère de loin, je m'approche...Pas trop prêt, attention ! Sinon « ça s'envole »les jeunes filles ! Je cadre quelques monuments pour donner le change, je vise et « clic », dans la boîte ! Il convient néanmoins d'être prudent...Si « leur petit ami » est dans les parages, je risque de me faire « casser la gueule » ! Ou de passer pour un pervers ! Ce qui serait injuste ! Je ne suis pas un pervers...Je suis photographe ! Et « toc » !

J'ai pris une pute dans la rue (bien que ce soit elle qui m'ait abordé), la première que j'ai rencontrée ! Parce que le « complet veston » dans les grands hôtels, ça me fait vomir. Y a rien de plus dégueulasse, qu'un « complet veston » ! Ça me fait penser aux Mormons...J'ai horreur ! L'Amérique ici, c'est comme cracher sur les fleurs !

# Posté le vendredi 09 juin 2006 11:15