LE PREMIER RENDEZ-VOUS AVEC L'AIMEE

Les choses se sont passées ainsi. L'Aimée a appris par sa mère que j'étais là, comme sa mère l'a appris par la néni. Ce soir à huit heures, elle viendra me voir...J'ai attendu « ce soir à huit heures » en m'occupant comme je pouvais. Dans les eaux du Gellert Furdö, ou errant dans les rues.

C'est alors que je l'ai aperçue, qui attendait le Villamos à Moszkva Tér. Tu parles si je l'ai vue ! J'ai allumée une cigarette. Aussi discrètement que j'ai pu, me suis approché d'elle, en regardant ailleurs. Elle est venue vers moi ! C'est important ce geste...Qu'elle vienne !
Elle m'a dit « bonjour » en roulant les « r »comme une tourterelle. « C'est bien que tu sois là » ! A-t-elle ajouté. En voici de l'amabilité ? Je me sentais comme un héroïnomane en manque, à qui l'on vient d'agiter un paquet de poudre « premier choix », sous le nez ! J'ai repiqué ! Bon, pas de panique...Je m'y attendais tout de même ?...

Elle était vêtue comme une pauvre magyar qui rentre de l'école. Nous avons été faire un tour dans les bois. Elle a enlevé ses chaussures (que nous avions acheté ensemble à Ansenc) Pour ne pas les abîmer...Marchant les pieds nues dans la boue. Elle toujours été aussi charmante et nature à mon goût. Jusque là, ça allait. J'ai beaucoup parlé...mais ne me suis pas mis en faute d'un aveu intempestif ou déplacé. Comme il était encore tôt, nous sommes partis chacun de son côté. Elle avait ses études à faire m'a-t-elle dit. Moi aussi, j'avais à faire justement... c'était « Rien faire ! ».

Je ne sais si elle se souvient de ce qu'elle étudia ce jour là ?Mais à ce qu'il me semble,elle allait tout comme moi se préparer pour peut-être plus que des retrouvailles...Quelque chose de plus secret...Un premier rendez-vous !
Précisément alors que je buvais un thé brûlant dans la chambre, elle est arrivée ! Elle faisait de l'air en se déplaçant mais s'arrêta soudain...J'avais les yeux flous et le regard lourd, posé sur son ventre, et ne dis rien...J'avais le souffle court et les poumons enfumés par les milles matins de brume passés à l'attendre...Je l'observais...Elle me jouait à l'évidence ...Le GRAND JEU !

Un pull écarlate, au dessus d'une minijupe en peau brune, presque noire, des collants bariolés de jaune, de rouge, de violet. Une veste de cuir marron clair, des bottines...Lavée, brossée, repassée ... à l'extrême...Elle était ! Du rouge aux lèvres, du noir sur les cils, un parfum discret, mais pressant. Elle était...Devant moi !

La néni n'en laissait rien paraître, mais au fond elle était outrée !...Elle devait appartenir à la même congrégation que les parents de l'Aimée. Ils vont en troupeaux. Ruminant les écritures, mais ne les digèrent pas. Ils en nient l'essence et l'esprit. L'Aimée se détournait maintenant de ces vils enseignements que professent les hérétiques (les catholiques aussi sont des hérétiques) !

Oui l'Aimée !...Mais ce n'est pas si facile ? Il faut apprendre à renier ses parents, son pays, toutes ces coutumes écrasantes, ces traditions tenaces de la mémoire ancestrales...C'est pourquoi je suis là !
Car le Père me connaît parce que je crois en lui. C'est parce que je crois en lui qu'Il me connaît ! Moi, le voyant des bas-fonds et des rues obscures, celui que personne n'attend ! Il me rappelle à lui par la lumière de son Esprit. Car pour sauver son âme, cette seule âme, celle de l'Aimée...je donnerais ma vie !

Ainsi il me conduit par cette promesse que j'ai dans le c½ur, par ces larmes qui baptisent mes yeux. Il me bonifie, me sanctifie, m'élève à sa très haute et redoutable sapience...Car il prend les choses faibles du monde, les gueux, les inutiles, les laissés-pour-compte et tour ceux qui ont la semblance de leurs péchés déjà inscrit sur le visage.
Puis il les transfigure, par l'½uvre toute puissante de sa volonté, et leur donne des formes nouvelles. C'est en cela qu'il les affermit. Comme au premier jour, au premier cri, au premier souffle de vie...Mais elle est ancienne aussi cette foi ! Elle est sans définition et sans dogme, elle ne connaît aucun interdit...Sa substance est : « La volonté » JE VEUX (faire).Son essence est l'être : « JE SUIS »

-Pause-

J'avais des frissons car un vent léger traversait mon c½ur. Tout en parcourant de mes yeux le doux corps de l'Aimée, sans prendre aucun soin pour le lui cacher...J'évitais cependant son ½il sombre qui, je le savais...n'attendait que l'ombre de mon regard...pour se détourner.
Puis nous sommes sortis, sans mot dire. Nous avions rendez-vous avec deux Islandaises qui m'ont fait penser à deux poissons congelés quand je les ai vues, bien qu'elles soient très gentilles, et très laides !

Dans le tram, j'ai pris des photos de l'Aimée. La photo, c'est ma passion depuis que je la connais. Encore une chose que je lui dois ! Complaisamment,elle se laissait faire ... c'était bon !Toute de volupté et d'abandon,avec de la mollesse juste là où il faut...elle croisait et décroisait les jambes...toujours dans ma direction...Car elle se protégeait des autres...et me faisait confiance ... l'Aimée.

Moi, j'ai duré tant que j'ai pu ! Même jusqu'au bout...je les ai sauvées, « les apparences » !...Nous savions très bien tous les deux ce qui se passait ! J'étais comme une allumette qu'elle faisait craquer ! Personne n'a rien dit. Je n'ai pas avoué mon désir...Je me suis fait avoir tant de fois ... La franchise souvent ça paie pas, je le sais bien.

Je l'admirais pour son juste dosage d'innocence et de perfidie...Elle aime ça qu'on l'admire !
Puis, tous les quatre, avons été au « Café du Pardon ». Elle m'y a fait un très joli numéro. Ai-je déjà dit, qu'elle avait du talent ? Des choses si subtiles qu'elle s'en rendait à peine compte...Aux limites de l'inconscient ? Mais soigneusement, elle s'est « occupée »de moi. Elle a tout fait pour m'y remettre dans le droit chemin ... Oui, là !...entre ses cuisses. C'est le droit chemin pour moi ! Y'en a-t-il un autre de plus direct ? A part « Vivement le Mort ! »Bien sûr ! Moi, je n'ai jamais rien vu de plus direct, à part la folie.

Oui, je l'admirais...Elle aimait ça...et elle n'aimait pas ? Puis à chaque proposition de ma part, et devant son acquiescement, je me suis enhardi à l'inviter chez moi, fumer une ou deux cigarettes. Nous nous retrouvâmes ainsi chez la néni, où nous étions entrés en cachette après que je me sois déchaussé. Nous nous sommes assis sur le lit. Tout en discutant, je la prenais en photo.
Elle me confia qu'elle était à Emenîs pendant huit mois, comme jeune fille au pair ? Même qu'elle avait passé une journée à Encans, sans venir me voir...pour pas me « BOULEVERSER »qu'elle a dit !

Moi je pensais : « ce qui me bouleverse, c'est que tu fasses aussi peu cas de moi »...
Alors que je l'entreprenais gentiment ...Que le nuit s'éclaircissait de l'intérieur, tout s'est mis à dégringoler ?...D'un seul coup elle a voulu rentrer ! A peine le temps de sauter dans mes chaussures délacées, j'ai couru la raccompagner ! J'avais dû commettre quelques maladresses ? Elle m'a dit :

«Je suis désagréable avec ceux que je connais, seulement » !

Ça m'a fait un choc ! Puis elle a ajouté, avant de piquer une tête vers sa maison :

« Tu peux me téléphoner mercredi, si tu as envie... »

ENVIE DE QUOI ? Je me suis retrouvé seul, dans la nuit de Buda, avec le vent qui soufflait sur mon désir...Comme toujours...Et même le soleil qui renaît n'apaisera jamais cette obscurité qui me glace le c½ur...
Peut-être suis-je un démon, après tout ? J'en ai fait le rêve autrefois...Qu'est-ce que je peux y faire si je suis un démon ? C'est la faute à ma mère. A toutes les mères qui élèvent leurs garçons dans l'ignorance des femmes et de ce qu'elles sont ! Une mère et une femme, ça n'a rien à voir ! Non ! C'est même tout le contraire. Une femme c'est un être délicieux...mais qui vous supplicie !...
LE PREMIER RENDEZ-VOUS AVEC L'AIMEE
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# Posté le lundi 05 juin 2006 03:44

LES FEMMES

LES FEMMES
Les femmes m'ont toujours trahi. Peut-être avais-je trop de flammes ?...Il ne faut pas les aimer ! Mais si on ne les aime pas, la vie devient grise ? Cette dépendance, je la regrette parfois...car je suis un être qui aime l'indépendance.

Une femme célibataire, à qui l'on demandait un jour : « Qu'est-ce qui est le plus difficile dans le célibat ? », répondit : « Le plus difficile, c'est de payer son loyer ! ».C'était loin d'être une conne, j'en suis sûr !
Pour moi, le plus difficile, c'est de rester des jours et des années durant...sans BAISER ! Puis il y a les sentiments et la tendresse...Et puis tout vient à manquer, comme le sommeil ou la joie de vivre...

Elles ont beau jeu ! On les sollicites, elles ! Elles s'en plaignent d'ailleurs...C'est jamais le bon qui les sollicites ? Car si les femmes ont si peu d'imaginations, elles n'en sont pas pour autant privées de rêves...
Elles croient à l'homme fort, bon et charmant. Par malchance, ça n'existe pas ! Moi qui connais les hommes, je peux vous le dire, ça n'existe pas !

Ma pomme est seule dans un champ...Tombée de l'arbre, un peu fripée, avec quelques taches, dans sa chair blanche...Ma pomme elle brille pas...Et les pies s'envolent avec de vagues cuillères dans les bras...
Maintenant mon âme, calme-toi...Raconte, afin de ne rien omettre de ce qu'il t'advint, ce rêve que tu fis un matin.

# Posté le mercredi 07 juin 2006 11:17

CAUCHEMAR

La scène se situe à La Butte. Dans la rue forville. A l'entrée d'un bazar le « May be after » où l'on vend des articles d'Orient, se tenait un homme à la barbe rousse, revêtu d'un tee-shirt cradingue, recouvrant son corps gras et son ventre d'obèse. Comme je lui demandais où était l'Aimée il me répondit d'un ton vulgaire : « Cette fille que tu cherches...baise avec tout le quartier ! Avec tous...sauf TOI ! »Reculant alors je demandais « Mais pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi pas avec moi ? »

Tout poissé de sueur, tremblant, je me suis réveillé en hurlant...
L'Aimée n'aime pas les hommes qui l'aiment, elle me la dit ! C'est un monstre, vous comprenez ? Un monstre !
L'Aimée ne se donne qu'aux inconnus, aux étrangers, (comme moi par exemple quand j'étais encore étranger) C'est ça qui lui plaît ? C'est une SALOPE ! Evidement...quand les filles sont jolies, ce sont des salopes. Ou alors c'est miracle ! De l'ordre du calcul des probabilités...Pourquoi ce ne sont pas les moches qui sont des salopes ? Et les « belles », bonnes comme du pain blanc ? Ce serait plus clair tout de même ! Et comme on dit chez nous : « On s'y retrouverais mieux » !

Il semblerait que les femmes aient plus de sentiments pour les bêtes, que pour mon âme éprouvée qui attend la révélation de la grâce...Combien de femmes se contentent d'un chien ou d'un chat, à la place d'un homme ?...Mais faisons table rase de tout cela ! Comment vais-je jouer ma pauvre vie ? Avec quelle partition ?...J'improviserai, comme d'habitude !

J'ai connu un Civaïste ! Il disait toujours : « L'important c'est la dose ! » Il se piquait. Un jour il s'est shooté une dernière fois en pleine poitrine ! Avec un fusil à pompe ! Il avait raison !...Ce qui compte c'est la dose...Surtout quand on a la peste !...Et le manque d'amour...Je le dis en pleurant, parce que j'aime la vie...Vivement la mort ! OUI VIVEMENT !!!
Buda 21/9/95
CAUCHEMAR
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# Posté le mercredi 07 juin 2006 11:48

TRANQUILLISANTS

TRANQUILLISANTS
Maintenant, ce n'est pas de la « gnognotte »qu'il me faut ! Ce sont des tranquillisants ! Pour cacher cette couche épaisse de manque de sommeil, sur mon visage.
Si je ne mange pas, si je ne dors pas, si je ne baise pas ? J'irais droit vers la dépression ! La dépression, comme son nom l'indique, c'est après la pression. On déprime, on se déprécie soi-même. C'est quand on retrouve un peu la raison, quand on refait surface. Drôle d'expression que de « refaire surface » ? Mais ça n'arrange rien ! Je suis bien placé pour le savoir...

Les dépressions, c'est bon pour les docteurs et l'industrie pharmaceutique et les docteurs c'est bon parce que ça prescrit des tranquillisants ! Pas du bla-bla, ni du charlatanisme ! Mais du chimique ! Qui fait d'effet !

# Posté le mercredi 07 juin 2006 11:56

LA NENI

LA NENI
La néni vient de se lever...Ca pue dans ma chambre. J'espère que l'odeur de la fumée, ne passe pas sous la porte ....Ma lumière est allumée, elle doit croire que je viens de me réveiller. En fait, j'ai envie de pisser ! Il va falloir que je passe par la cuisine pour aller aux toilettes. Quand elle va me voir...faudra jouer serré ! Je ne suis pas frais pour avoir une conversation du type : « Alors ...Cette soirée...Ca s'est bien passé » ?
Oui à l'heure qu'il est c'est déjà du passé. Il n'y a rien d'autre à faire que de me construire...Comme le Phénix qui renaît de ses cendres ...Mais je ne m'y résous pas ! Je n'ai pas fait le plein d'épuisements ? Je marche à l'épuisement....
Buda 22/9/95
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# Posté le jeudi 08 juin 2006 02:33