Bien voilà...C'est fait. J'ai revu ô combien désirée...l'Aimée !
Je n'ai ni mangé, ni dormi, j'ai attrapé la mort ! Le désir a un bout. C'est mon voyage au bout du désir que j'écris.
Bien sûr, ça manque de distance...Une certaine froideur est parfois nécessaire, comme les serpents entre eux. Il faudrait crier, mais sans la puanteur d'une bouche édentée...les mots !
J'aimerais glisser, dormir, mais au milieu de la nuit, je me réveille en suant et j'écris... « Vivement qu'on en finisse ! ». Le jour déjà se lève, mais la nuit est toujours dans mon c½ur...
J'ai vu deux fous, éructant et bavant, des obscénités aux passants.Ils hurlaient au vide et à la rue...Le vide c'est comme le rien ...C'est méchant !
Les enfants riaient avec les adultes, comme devant un spectacle de cirque. Moi, je ne rie pas ! Je n'accuse pas ! Je ne dis pas, par exemple, qu'avec de la volonté et du courage, on peut toujours s'en sortir. La volonté, le courage, ne peuvent rien contre le désir ! Les gens heureux ont peu de désirs... Peu de mérite aussi, car le bonheur est un don.
On m'avait dit qu'ici, les gens étaient pauvres. Qu'il me fallait les aider. C'est un comble ! C'est la voyante qui me l'a dit, celle qui se prend pour une antenne. Les aider ?...Mais leur misère n'est en rien comparable à la mienne ? C'est de la petite misère qui vole bas...Le loyer à payer ou le ventre des enfants à remplir...foutaise ! Pour moi, la vraie misère c'est celle qu'on a dans le c½ur !
Moi aussi, j'ai eu le ventre vide...Sinon je me permettrais pas...Avoir le ventre vide, c'est rien ! Les gens qui crèvent de faim par les matins crasseux meurent plus par manque d'amour que par manque de vivres !...Je veux dire de nourritures ! Il y a trop de multiplicité et la multiplicité est l'ennemi du genre humain. Si nous étions moins nombreux, il suffirait de partager. Mais sans la politique, sans l'Etat, sans obligation, partager par amour, dans l'enthousiasme, spontanément !
Non vraiment, je n'aime pas Dieu, ni le diable qui est son reflet. Je ne sers ni l'un, ni l'autre et ma mission, s'il en est une, c'est de rester vivant !
Je crois au sommeil après l'amour, à la délivrance après la satisfaction du désir, au détachement mais pas à la frustration ! Rien dans la vie ne m'est plus louable et tendre que la satisfaction de mon désir.
N'en déplaise au Bouddha ! Arrêtez-moi si je me trompe...Dieu ne s'est-il pas satisfait lui-même en créant le monde ?...N'avait-il pas « le désir », lui qui est aussi un Dieu jaloux ?
Les sens ne s'apaisent, ni par la prière ni par le jeûne ! Même avec une foi trempée dans l'acier ! En voici bien des sornettes ! Tout est obscurci par le désir, mais sans lui, il n'est rien ! Je n'aime pas que l'homme se nie lui-même en niant son désir ! Voici le nouvel enseignement : « Ne soit pas hypocrite ! ».