TU N'ES PAS MARIÉE

TU N'ES PAS MARIÉE
Ben non ? Tu n'es pas mariée ! Je n'y croyais pas d'ailleurs, en l'écrivant l'autre soir. Tu es ici à Buda, tu vas à l'Université...Compliment ! Même si je n'ai pas grand espoir de te revoir, même si je sais que je n'aurais aucune chance avec toi...Ça me ferait du mal de te voir avec un autre...Je préfère l'ignorer !
Oui, je n'ai pas grand espoir mais j'ai l'espoir quand même ! Par contre, je n'ai plus d'ambition. Quand même, j'aimerais bien parler le magyarul ! J'ai maintenant quelques connaissances à Budapest. Je connais la néni, Judith et ses parents. Je n'ai jamais vu tes parents ?...Ni ta s½ur ? Je me demande quel visage à ta mère, et si tu lui ressembles ?
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# Posté le vendredi 02 juin 2006 07:59

YORGOSZ TORTONLU

YORGOSZ TORTONLU
À Szentendre (un village d'artistes, pas très loin de Budapest), j'ai rencontré un musicien. C'est un chanteur percussionniste...Sa femme est jeune et jolie. Il a deux filles, une maison, un jardin, un chien et un groupe qui « tourne bien »du nom de Barbaro.
Il a tout ce que j'aurais souhaité avoir...J'en suis heureux pour lui, et pour les musiciens !
C'est bon de voir le bonheur chez quelqu'un qui vous ressemble...Moi, ce sera pour la prochaine fois...N'est-ce pas ?...
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# Posté le vendredi 02 juin 2006 08:10

APRES TOUT, ON SE CONNAÎT ?

APRES TOUT, ON SE CONNAÎT ?
La néni a téléphonée à ta mère, pour lui dire que j'étais là ! C'est la moindre des choses... Après tout on se connaît ? Moi, je voudrais t'oublier. En même temps, ce serait dommage de t'oublier...Autant oublier ma vie ? Il y a un temps pour ça et un nom ...Je vis ainsi ! J'attends...C'est la condition humaine, on attend...

Pourtant j'ai beaucoup à faire ! Apprendre le magyarul, rester droit ! Quand tu dors à trois cent mètres de chez moi ? J'appelle ça : « beaucoup à faire »...Seule l'Aimée a le pouvoir de me faire mourir à moi-même. C'est ainsi que je suis vivant.

# Posté le vendredi 02 juin 2006 08:15

LE GUITARISTE

J'ai rencontré un guitariste ! C'est vraiment un guitariste ! Les gueules des guitaristes se ressemblent...Surtout les yeux et la maigreur...La nervosité aussi ! La rage contenue ... Et le ruban de Möbius...
Il joue avec Barbaro, mais il a aussi formé un autre groupe : « Karpat Moëbius ».C'est pas la moitié d'un allumé, ce guitariste ! Pour ça, on s'est bien trouvé !...

Ça a de l'amour aussi, un guitariste... Un c½ur aussi vaste que l'Univers...On s'est rien dit, on s'est senti...Parler ? Ce n'était pas besoin ! Quand même nous avons fait quelques efforts pour nous comprendre. Il baragouinait un peu d'anglais, moi de hongrois. Mais alors là vraiment tout juste ?

Avec lui j'ai bu un café. C'est le deuxième depuis que je suis arrivé. Dix ans que j'en bois plus, du poison ? Le premier c'était chez Yorgosz. Pour mémoriser leurs noms, j'ai fait un petit dessin : Yorgosz Tortonlu et Cziranku Sándor. Ça donnait ceci : Yor gosse, tort ton loup et Sir âne coud Châne dort. Voyez le style !... Des noms pareil ça déboise, quand il faut les prononcer ! Enfin ... loupé ? Sándor se fait appeler Ity Sayot ? Ma foi ce n'est pas plus dur, mais j'ai encore du boulot !

Il joue de la guitare à deux manches, mais il s'accorde différemment de la façon usuelle. Il joue « cosmique », rien moins ? Il m'a parlé de Béla Bärtok, de la musique, mais je ne vais pas vous faire un cours. D'ailleurs je n'ai rien compris de ce qu'il disait ? Je lui ai avoué : « Nem tudom semmit » ? Il m'a répondu que lui aussi, il ne savait rien ... Que c'était bon pour l'inspiration. Quand je vous le disais ! On s'est reconnus au premier coup d'½il ! C'est comme ça les guitaristes !
Buda 20/9/95
LE GUITARISTE
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# Posté le vendredi 02 juin 2006 08:26

L'AIMÉE

L'AIMÉE
Bien voilà...C'est fait. J'ai revu ô combien désirée...l'Aimée !
Je n'ai ni mangé, ni dormi, j'ai attrapé la mort ! Le désir a un bout. C'est mon voyage au bout du désir que j'écris.
Bien sûr, ça manque de distance...Une certaine froideur est parfois nécessaire, comme les serpents entre eux. Il faudrait crier, mais sans la puanteur d'une bouche édentée...les mots !
J'aimerais glisser, dormir, mais au milieu de la nuit, je me réveille en suant et j'écris... « Vivement qu'on en finisse ! ». Le jour déjà se lève, mais la nuit est toujours dans mon c½ur...

J'ai vu deux fous, éructant et bavant, des obscénités aux passants.Ils hurlaient au vide et à la rue...Le vide c'est comme le rien ...C'est méchant !
Les enfants riaient avec les adultes, comme devant un spectacle de cirque. Moi, je ne rie pas ! Je n'accuse pas ! Je ne dis pas, par exemple, qu'avec de la volonté et du courage, on peut toujours s'en sortir. La volonté, le courage, ne peuvent rien contre le désir ! Les gens heureux ont peu de désirs... Peu de mérite aussi, car le bonheur est un don.

On m'avait dit qu'ici, les gens étaient pauvres. Qu'il me fallait les aider. C'est un comble ! C'est la voyante qui me l'a dit, celle qui se prend pour une antenne. Les aider ?...Mais leur misère n'est en rien comparable à la mienne ? C'est de la petite misère qui vole bas...Le loyer à payer ou le ventre des enfants à remplir...foutaise ! Pour moi, la vraie misère c'est celle qu'on a dans le c½ur !

Moi aussi, j'ai eu le ventre vide...Sinon je me permettrais pas...Avoir le ventre vide, c'est rien ! Les gens qui crèvent de faim par les matins crasseux meurent plus par manque d'amour que par manque de vivres !...Je veux dire de nourritures ! Il y a trop de multiplicité et la multiplicité est l'ennemi du genre humain. Si nous étions moins nombreux, il suffirait de partager. Mais sans la politique, sans l'Etat, sans obligation, partager par amour, dans l'enthousiasme, spontanément !

Non vraiment, je n'aime pas Dieu, ni le diable qui est son reflet. Je ne sers ni l'un, ni l'autre et ma mission, s'il en est une, c'est de rester vivant !
Je crois au sommeil après l'amour, à la délivrance après la satisfaction du désir, au détachement mais pas à la frustration ! Rien dans la vie ne m'est plus louable et tendre que la satisfaction de mon désir.

N'en déplaise au Bouddha ! Arrêtez-moi si je me trompe...Dieu ne s'est-il pas satisfait lui-même en créant le monde ?...N'avait-il pas « le désir », lui qui est aussi un Dieu jaloux ?
Les sens ne s'apaisent, ni par la prière ni par le jeûne ! Même avec une foi trempée dans l'acier ! En voici bien des sornettes ! Tout est obscurci par le désir, mais sans lui, il n'est rien ! Je n'aime pas que l'homme se nie lui-même en niant son désir ! Voici le nouvel enseignement : « Ne soit pas hypocrite ! ».

# Posté le lundi 05 juin 2006 01:32

Modifié le jeudi 28 juin 2007 02:38