LES CHATTES

LES CHATTES
Jusqu'à la nausée, j'ai ouvert les bras ! Tendu les mains ! Ouvert la bouche pour parler...Mais rien ne se disait. Y avait-il seulement quelqu'un ? J'ai ouvert mon c½ur à la brise, à la houle, aux senteurs...Léger comme la neige, je me suis fondu d'allégresse et d'émotions perdues...

Pour les « autres » ? J'ai quelques regrets...J'aurais aimé partager, ces flocons légers.
Aux moindres frissons j'ai ouvert mon âme ...Frisant la roche de mes talons ailés...j'allais avec des ailes aux pieds...aux vents alizés... À quoi bon ? Le bonheur ne m'a pas attendu. Il est passé comme un tram sous mes yeux. Sur le sable de l'oubli je me suis étendu ...INCAPABLE ! C'est bien normal ? En ce monde où furibonde les marées, ensevelissent mes rêves nacrés...

Dans un rayon de lumière, les fers aux pieds, j'attends la lionne ! Il reste bien un peu de mou, dans mes poumons, pour nourrir quelques chattes et leurs chatons.
Au moindre soufflet j'ai tendu la joue ! Je n'avais plus un sou, les coups pleuvaient ! Il fallait bien que la pluie cesse dans mes yeux...pour que renaissent les jours heureux...
Encore eût-il fallu que je sois moins phallo ? Mais les chattent me tournent le dos ! Mes ronrons sont à l'eau...Ils font des clapotis...Les grenouilles, flic, flac, sautent dans les mares ...

Aux créneaux je m'amarre. Il me reste bien quelques châteaux à défendre ? Il reste bien quoi ?...Satisfaire...mes penchants pour la misère...et par excès...me voir sombrer ! Allons courage, relevons-nous ! Pas trop loin j'espère...Allons courir le monde...Fuyons ! Nous glanerons peut-être dans nos paniers...quelques fruits délicieux et des fleurs de pêchers.

Prendre la main d'une femme, s'en aller faire un tour...est-ce si difficile ? Hélas, les tours sont meurtrières. Solidement armées. Il me faut désormais...Aimer ? Allons, révoltons-nous, faisons une fronde. Plus de prières, voyons...sans l'aide de Dieu !
Szeged 14/9/95

# Posté le jeudi 01 juin 2006 08:35

LE FLAMBEAU

LE FLAMBEAU
(Parole du Bouddha)
Soyez-vous à vous-même ô Ananda, votre propre flambeau et votre propre recours. Que la vérité soit votre flambeau et votre recours. Ne cherchez pas d'autres recours...
Celui qui, dès ce moment, ô Ananda, ou après ma sortie de ce monde, sera son propre flambeau et son propre recours, et ne cherchera pas d'autres recours, celui qui fait de la vérité son flambeau et son recours, tous ceux-là seront désormais, ô Ananda, mes vrais disciples, qui poursuivent la bonne manière de vivre.*

*Textes recueillis par Marc de Smedt. Livre offert par l'Aimée à Topaze avec ces mots : « Mariusnok szeretettel...töl, 1993 november 17-én. »

# Posté le jeudi 01 juin 2006 08:43

MÉCHANCETÉS DIURNES

MÉCHANCETÉS DIURNES
Vivement la mort ! Vivement la mort qu'on en finisse. Que je ne vous vois plus...Disparaissez ! De grâce...Ne plus jamais vous entendre...Le silence...Enfin !
Ne m'obligez pas encore à me boucher les oreilles avec du coton ou du papier à chiottes ! En plus y a l'odeur ! Ça pue l'homme ! Ça s'étale sur la terre comme une vomissure...Ça bouffe autant qu'un éléphant...Imaginez la terre avec six milliards d'éléphants ?

Où que je sois, je suis, je reste un Etranger...Les Etrangers ne sont pas de ce monde. Ils sont venus avec un aller simple histoire de changer d'air...Par curiosité (?)Mais il faut rester maintenant ? Ce n'était pas prévu, mais...
On m'a menti, on m'a trahi, dans ce que j'avais de plus cher ! On a blessé mon âme et ma chair...Ai-je une âme ? Si je n'en ai point pourquoi tout ce bruit ? Si j'en ai une, qui peut me la ravir ? Je n'ai ni peur du diable, ni de moi-même ! Ce qui me fait peur ? C'est la violence ! Physique chez les hommes, psychiques chez les femmes...Mais rien de si tranché.

Il paraît que ce que j'écris est triste ?...On me l'a dit tant de fois !...C'est triste, oui, mais à part ça ? Rien ! Le silence...Quelle idiotie de ma part et quel besoin ai-je encore ? Quel espoir de communiquer ? Je suis un Etranger. Dans ma patrie, dans ma famille, où dans un autre pays, je reste tel que je suis...Un Etranger !

Parmi tant de cruauté, en voici bien une : « Il y a plus malheureux que toi »... Qu'est-ce que tu en sais ? Une autre : « On n'a pas à se plaindre » ! Vous plaisantez ? En voici de la bêtise, de la méchanceté ! Comme si l'on pouvait mesurer le désespoir avec une règle graduée ! Ou un thermomètre dans le cul !

Les autres ? En voici un alibi ! Et que je te fais des gosses à remplir la terre...Mais la coupe est pleine, elle déborde la terre ! Elle ne viendra plus border ton lit les soirs d'hiver...
Moi, ma douleur, je ne la tiens pas pour que dalle ! Mais vous essayer de le banaliser, de la minimiser, de la relativiser. Vous croyez m'aider, mais vous faites juste semblant ! Vous êtes creux, vous êtes vides ! Vous vous foutez pas mal de la souffrance d'autrui ! AVOUEZ ! Je le connais cet amour qui est en vous ...C'est juste assez pour respirer ! Ça manque d'air, de souffle ! Parfois j'étouffe, quand vous croyez me consoler...

Je sais, je sais, je suis malade...Il me faut prendre des calmants .Vous ne m'apprenez rien ! N'empêche...avec toutes votre science, vous ne m'avez pas guéri !...Ni de la tête ni du foie ! Les « charlots »non plus n'ont rien fait. Un peu de magnétisme, un peu d'astrologie, un peu de pendule, un peu d'homéopathie, un peu de tout, un peu de rien...Et voici le Grand Jeu !

# Posté le jeudi 01 juin 2006 08:50

MAGYARORSZAG

MAGYARORSZAG
J'ai bien essayé de ne plus croire en Dieu. Mais c'est plus fort que moi, je crois en toi mon Dieu. Certes, je n'ai pas essayé de toutes mes forces, j'en ai si peu...Alors à quoi bon ? Puisqu'il faut durer...Durer longtemps pour faire beaucoup ... S'il se peut pour faire mieux ?
Mais je ne veux plus être guidé, comme si j'avais une « mission » à accomplir. Ma mission c'est de vivre, de vivre à tous prix !

Quelque chose m'entraîne, qui me dépasse. Quelque chose ou quelqu'un ? Jusqu'où suis-je allé pour elle ? Dans quelles galères, avec quels tourments ? Je suis une âme brisée dans un corps meurtri. Brisé, je le suis, par l'amour désiré et non reçu. Meurtri par ma chair, mes pensées...

Ainsi je me retrouve chez la néni. Ai-je vraiment tout fait pour l'éviter (Comme je me l'étais plus ou moins promis).D'ailleurs qu'ai-je à éviter ?...
Ce n'est pas moi qui conduis ? Par la porte ou par la fenêtre me voici là ! Que vont penser les amis ? À me voir si souvent me jeter dans la gueule du loup ? Ils vont penser que je suis fou ! Mais je ne suis pas fou ! Je ne suis pas comme les autres, c'est tout.
C'est un malheur. Un malheur peut-être, mais aussi une joie...La joie de n'être pas comme tout le monde : CONFORME !
De consolation, il ne me semble pas en avoir beaucoup. C'est pourquoi, si souvent je suis injuste ! Si ce n'est par acte, c'est par pensées...Par acte, je m'efforce d'être exempt de blâme. Ça ne coûte rien, c'est la force de l'habitude.
Par pensée, je suis terrible ! Surtout quand le mauvais temps approche et qu'il y a du vent. Qu'y faire...sinon attendre ? Attendre que ça passe, comme un orage d'automne, dans le Pays Bleu. Ce pays qui est mon rêve, mais il est dans tes yeux...
Impossible de me passer du rêve. La réalité m'est trop souvent odieuse...Ainsi que l'absence de l'Aimée...Car il n'y pas de doute, j'aime...Si ce n'est l'humanité toute entière, c'en est un bonne moitié. Puisque c'est la femme que j'aime...

J'ai des idées fixes ! Bien que je sois lunatique, je replante toujours la même flèche au même endroit.
On ne change pas de femme, comme on change de slip, dans mon pays ! Le Pays Bleu, le pays de mes rêves, le pays de mon c½ur...Magyarorszag !
Buda 19/9/95
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# Posté le jeudi 01 juin 2006 09:05

Modifié le mardi 26 juin 2007 02:03

LE MÊME JOUR...LA MÊME NUIT

LE MÊME JOUR...LA MÊME NUIT
Quand tu riais, ça me faisait sourire. Quand tu pleurais, je pleurais avec toi.
Tout à l'heure, j'ai cru t'apercevoir de dos. Des filles blondes, tu sais, il y en a ! Celle-là se promenait avec un petit chien. Elle était vêtue, d'un pantalon et d'un pull marin. A son bras était un garçon !
Eux, dans la lumière d'un réverbère, moi dans l'obscurité de l'escalier, que je descendais, après avoir quitté le tram. J'ai senti en mon c½ur, l'étreinte du vieux démon !
J'aurais voulu courir, crier ton nom ! Savoir si c'était vraiment toi ? Mais non, vieux démon, tu ne m'auras pas... Je restais là sans bouger...

La fille, d'un mouvement souple de liane, embrassa le garçon ! C'était beau, fugace...Juste une égratignure de baiser...Si c'était toi ? Si j'avais crié ton nom ? Quelles têtes aurions-nous fait, toi, moi, le garçon ?
J'aurais été à la fois ridicule et inconvenant. Personne n'aurait eu pitié de moi ? Même moi. Si quelqu'un avait eu pitié ?
Qu'est-ce que la pitié, pour mon âme défunte ? Ce n'est pas que je suis si fier. Mais quelle consolation aurais-je pu trouver dans la pitié ? J'ai fait toutes les expériences, j'ai parcouru tous les chemins...Je n'ai pas été aimé comme j'avais besoin. C'est la faute à ma mère, à la mère de ma mère et à l'humanité ! C'est la faute à rien ! C'est l'heure où je vais me coucher...

# Posté le vendredi 02 juin 2006 07:49