BROUILLONS

BROUILLONS



BROUILLONS






Premier cahier : tiré d'après le premier cahier original. Mis au propre, les brouillons, au nombre de trois (le quatrième n'étant pas achevé), ont été remis entre les mains de l'Aimée.

C'est donc elle qui possède le texte véritablement. Le premier jet ! Le premier brouillon, à l'exclusion d'un seul, celui qui était avant « le premier brouillon » : le cahier « Zéro»

Je l'ai laissé sur une poubelle, devant sa maison, avant de partir pour Szeged (au matin)

À ce qu'il semble il ne lui est pas parvenu...

Il est en cendres ou en fumée...
# Posté le mercredi 31 mai 2006 12:40

AVERTISSEMENT

AVERTISSEMENT



Ce livre on ne peut le recommander ni l'interdire. Il ira où il voudra. Il ne m'appartient plus. Je l'ai écrit pour continuer de vivre...
L'action se situe à Szeged et Buda, en Hongrie. C'est une histoire vécue mais c'est surtout un roman.

Les acteurs de ce livre sont réels. La façon dont je les perçois doit beaucoup à mon imagination. Surtout quand je parle de l'Aimée personnage énigmatique et central...
Cette oeuvre est entièrement subjective. Seul un objet est objectif !
Ce livre j'en suis fier ! C'est un livre libre ! Sincère, dépouillé, choquant, bouleversant, violent et cruel. Trente années de silence qui s'expriment d'un coup !

Cela peut scandaliser. Mais il est nécessaire que le scandale arrive...Malheur sur moi ! Tout y est révélé du plus sublime au plus méprisable du moins avouable au plus secret. Tous les sujets ayant quelque importance à mes yeux, y sont traités.
Amour, jalousie, passion, sodomie, religion, famille patrie ! Les sectes, les faux maîtres, les vrais.
La drogue, les poisons, le tabac, le café, la sorcellerie, la magie, la psychiatrie, les contes de fées, l'astrologie, les mythes...Mais encore...La droiture, l'honneur, la pureté, la compassion...Liste non exhaustive.

Pourtant tout cela je l'effleure. J'effleure seulement. Je ne suis pas un érudit. Mais j'ai beaucoup réfléchi...Je réfléchis trop ! C'est la maladie...
# Posté le mercredi 31 mai 2006 12:47

BAGAGES

BAGAGES


Peu de bagages. Le B.E.P.C ne vaut plus rien. Cinq à six livres par an peut-être plus. . Je ne lis guère. Je ne suis pas écrivain parce que j'ai écrit un livre. Trop de respect, d'admiration pour les écrivains pour me dire l'un des leurs. De plus je n'aime pas le mot. Dans écrivain il y a vain disais Gainsbourg. Je préfère alors me définir ainsi : « Je suis un homme et j'écris ».Dans j'écris il y a cris !

Bien qu'étant musicien, je n'écoute pas de musique...Sauf dans les rares concerts où l'on m'invite...ou dans la rue,les cafés,les métros...ou bien j'écoute ce qu'on me porte à écouter. J'ai aimé, j'aimerais toujours King Crimson et mon maître : Jimmy Hendrix !

Besoin d'aide... je m'explique. Je dis tout de mes motivations dans cette course incessante, épuisante, douloureuse, entre les opposés les contraires et les extrémités, que j'appelle le Mennyorszag (le pays du ciel) et le Pokol (l'enfer). Sans pudeur je me livre. Avec excès, il y a urgence !

Accordez-moi de lire cet ouvrage jusqu'à la fin, sans sauter les chapitres.
Il s'agit d'un carnet de voyage que j'ai consciencieusement daté, bien que pour moi il n'y a ni passé ni présent ni futur...Il n'y a que l'instant !
Ce livre n'était pas prémédité. Il est venu par surprise, de lui-même, au cours de ce séjour. Il s'est écrit tout seul ? Moi j'étais là pour tenir « la plume »...

C'aurait dû être un voyage d'agrément et de santé. Je comptais apprendre quelque chose de la culture hongroise, pour ce faire en étudier la langue. Pour recopier les mots afin de les mémoriser j'ai acheté un cahier (je n'ai pas la mémoire des noms, ni des sons, mais la mémoire visuelle).Très vite en marge de ce cahier d'écolier, j'ai composé un poème : « L'ange aux ailes froissées ».Puis j'ai continué comme on écrit un journal. Après quelques jours, j'ai compris que j'écrivais un livre.

Dès le début j'ai eu le titre .Je l'ai gardé.
« Le Pays bleu, vivement la mort ! »Résume à mes yeux la matière de cet ouvrage...Ce fut un acte de courage, de volonté ! Je l'ai écrit pour moi, pour mes amis et pour tous ceux (s'il en est ?) qui le liront...Je l'ai surtout écrit pour celle, dont je tairais le nom, mais qui existe ... Que j'appelle « l'Aimée ».

C'est un amour étrange, une amitié particulière, qui nous unit. Du moins dans ma tête ( ?)C'est spécial, parfois atroce ! Cela commence par la venue en France d'une jeune fille au pair de nationalité hongroise. Cela se termine par une Apocalypse, une Révélation !

Sans aucune clémence ou pitié je dis tout. Parfois dans un état proche de la démence, mais sous le contrôle de ma volonté. Avec le peu de raison qu'il me reste...
Aussi lecteur soit prudent ! Celui qui saute les pages de ce livre, sera retranché du Pays Bleu. Vivement la mort s'abattra sur lui ! Car plus rien ne sera comme avant, quand tu refermeras ce livre.
Lecteur, méfie-toi ...Tu ne connais pas encore celui qui s'adresse à toi, pour te perdre et te sauver dans un même geste, un même élan. IL VIENT ! Il est à la porte ! Aie donc la prudence du serpent et la simplicité de la colombe...Car c'est ainsi qu'il faut aller...

Le souffre la fumée sortent par ma bouche et ma peau se calcine sous les flammes ardentes de mes pensées. Prend garde ! Que je ne te prenne de mes griffes monstrueuses et que je te déchire ! Ou que je te morde cruellement, avec mes dents qui n'existent plus ! Sinon il est encore temps...

Tourne la page...Il est trop tard !Réfléchis encore un instant...C'est un labyrinthe que tu traverses...Mais il n'y a pas d'issue...Si tu n'as pas comme moi, l'inébranlable volonté, qui me vient du désir de « l'Aimée », n'y entre pas !
C'est un océan de larmes, de sueurs où il faut nager, parfois couler pour s'y noyer...C'est le sang de mon c½ur percé d'un clou qui retombe sur ton visage...Ce sont des spectres blancs, qui hanteront tes nuits, des phallus géants aux formes de Titans !
Ce que j'écris, j'y crois !... Suppose un instant que tout cela soit vrai ? Que reste-t-il encore qu'il nous faille brûler ?
Je suis arrivé à Buda par la gare de Déli.
J'avais payé un supplément ...
# Posté le mercredi 31 mai 2006 12:54

PREAMBULE

PREAMBULE
Préambule
Je suis arrivé à Buda, par la gare de Déli. J'avais payé un supplément...

...J'avais payé un supplément (sur le prix du billet) je ne me souviens plus pourquoi...quelle importance ? Ce n'était qu'une toute petite somme de trois cent forints. Évidement on gagne au change ! C'est là que l'on prend conscience d'une façon immédiate et concrète que l'on est déjà riche parce qu'on est né en France.

Je venais juste de passer la frontière, déjà l'argent se multipliait...Dans un peu moins d'une heure je serais à Budapest ...Miracle ! Aussi excité qu'un poux faisant du Kun Fu sur le crâne d'un chauve (un moine Zen au hasard), je regardais défiler le paysage...
Mornes plaines, forêts lointaines bleuissantes à l'horizon. Sans voir je regardais... Possédé par une agitation intérieure, violente et contrastée...Joyeuse mélancolie, caresse irritante, folie lucide, douce amertume, douloureuse ivresse...
Un pantin désarticulé qui se serait emmêlé dans ses ficelles, sous les doigts crochus du néant. L'inconnu ? Il allait falloir que je m'en débrouille. Ce qu'il y avait d'inconnaissable pour l'instant c'était mon point d'arrivée. Serait-ce la gare de Nyugati ou celle de Déli où personne ne m'attendait ? Ce fut celle de Déli !

L'impossible association entre la ville de Delhi et l'illumination (éveil ou état de Bouddha) et la péremptoire injonction : « Délies » !se fit dans ma tête ? Comme l'obligation de délier quelque chose ou quelqu'un. Association d'éléments symboliques, aussi disparates fussent-ils, que je saisi en un clin d'oeil, avant que tout ne s'évanouisse...

A ma descente du train j'écartais ceux qui offrent leurs services à tout ceux qui de près où de loin, ressemble à un pigeon...Un rustaud habillé comme un as de pique, se voulait mon chauffeur,une dame patronnesse ma logeuse.
À la recherche d'un téléphone, je ne parvins qu'à me perdre dans les méandres du Palyaudvar, sorte de pieuvre enturbannée.
Empruntant le métro, courrant sous le Danube, je me retrouvais sur l'autre versant, côté Pest. Une « pensée »en forme de fonctionnaire à casquette, me mit la main sur l'épaule...Je n'avais pas de ticket !
# Posté le mercredi 31 mai 2006 13:01

L'ANGE AUX AILES FROISSEES



J'ai rencontré un ange. Il a les ailes froissées ? C'est un handicapé !
Quelles erreurs nous commettons. C'est moi l'infirme, c'est nous !
C'est un être d'une intelligence extraordinaire. Tellement enveloppé d'humilité naturelle, que ça ne se voit pas. C'est peut-être pour ça que les filles lui tournent le dos, alors même qu'elles lui font la charité d'un sourire...

Moi, tout penaud, le voyant des bas-fonds, des rues obscures, je dis OUI, aux égarés. Ce n'est pas la peine de les brûler d'une lumière trop vive. Leurs certitudes les aident à vivre... L'obscurité aussi est lumière !

J'aurais préféré, la joie, la douleur de te voir. Las, j'y renonce. J'y suis contraint. Ah ! L'ivresse que me donne l'Aimée ...Comme il me manque ce quelque chose d'indéfinissable...Pourtant...depuis toujours, l'Aimée est avec moi.
Sans violence mais avec un rien d'amertume, cette fois je te dis : « Mon Amour ! ».Cela semble dommage, tout ce vide à traverser...Pour te retrouver. Si je te retrouve ? Mais il faut vivre ! Vivre l'illusion de toutes ses forces. On verra bien...Puis, la mort peut-être ?...On m'en a parlé.
Szeged 11/9/95
L'ANGE AUX AILES FROISSEES
# Posté le mercredi 31 mai 2006 13:08
Modifié le jeudi 28 juin 2007 02:38